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Chers collègues,

Je voudrais tout d’abord dire un mot sur le terrible incendie qui s’est déclaré le mois dernier à Vaulx-en-Velin, et qui a emporté avec lui 10 personnes. Nous avons une pensée pour les victimes, leurs familles leurs proches, ainsi que pour tous les habitants de Vaulx-en-Velin qui se sont montrés d’une solidarité sans faille face à ce drame. Encore une fois, on voit que l’action des pouvoirs publics pour leur venir en aide et donner à tout le monde des conditions de vie digne, est décisive. Nous devons aller plus vite pour accompagner les copropriétés dégradées dans les travaux de rénovation et mettre les moyens à la hauteur des besoins.

Mais pour pouvoir investir, encore faut-il avoir suffisamment d’argent pour le faire.

« La loi du plus riche » : c’est le titre du nouveau rapport d’Oxfam, et il ne porte que trop bien son nom. Alors que la priorité devrait aujourd’hui être l’augmentation des salaires et l’urgence écologique, celle du gouvernement est pourtant de nous faire travailler 2 ans de plus pour combler un déficit négligeable. Dans le même temps, on apprend que Bernard Arnault est désormais l’homme le plus riche au monde, qu’il possède autant que 20 millions de français. C’est une telle aberration, une telle inégalité, qu’on a même du mal à se la représenter.

Plutôt que de contraindre des millions de personnes à travailler toujours plus, pourquoi ne pas aller plutôt chercher l’argent là où il se trouve véritablement ? 157 milliards d’euros : voilà ce que nous coûtent chaque année les exonérations de cotisations patronales, salariales, et les crédits d’impôts aux entreprises. C’est un quart du budget de l’Etat qui est offert sans contreparties, cadeau, et qui contribue plus à remplir les poches des actionnaires que celles des français. Le hasard fait bien les choses : le déficit des retraites est estimé à 12 milliards, tandis que le  coût annuel de la transition écologique est évalué par la Cour des comptes européenne à 145 milliards. Avec ces 157 milliards, on pourrait donc financer à la fois nos retraites et la bifurcation écologique ! Et c’est sans compter sur une taxe sur les superprofits, sur les profiteurs de crise, ou même tout l’argent qui se trouve dans les paradis fiscaux.

Il est évident que nous avons besoin de fonds publics pour financer notre modèle social et la bifurcation écologique. Au contraire du secteur public, la dépense privée des grands groupes est très polluante de par les investissements qui sont réalisés. A eux seuls, 63 milliardaires français émettent avec leur patrimoine financier autant de gaz à effet de serre que le Danemark, la Finlande et la Suède. Laisser notre avenir à la main du privé, c’est s’assurer qu’aucune des grandes transformations dont nous avons besoin ne sera réalisée.

C’est un modèle de société digne de celui mis en œuvre par Ambroise Croizat qu’il nous faut. Pour le partage du temps de travail, le partage des richesses, et l’investissement dans une société soutenable, nous soutenons le mouvement syndical contre la réforme des retraites. Ca n’est pas d’une réforme des retraites dont nous avons besoin, mais d’une réforme du patrimoine et de l’héritage.